Samedi 7 février 2009

Même lorsque tout semble plus compliquer pour lui, il trouve cette force pour retourner la situation et faire taire toutes les mauvaises langues qui remettent en cause son statut. Et ce n’est pas un début de saison moyen qui le fera douter de son talent. Qui, d’ailleurs, peut émettre un doute sur la magie qu’il délivre lorsqu’il évolue sur le court ? Quoiqu’il en soit, Roger Federer n’a plus qu’à tourner une page pour écrire un nouveau chapitre dans l’histoire du tennis grâce à son impressionnante victoire face à Andy Roddick, qui cependant n’a pas tremblé contre Le Maître, en atteignant presque son meilleur niveau qui lui avait permit de décrocher la première place mondiale il y a de ça quelques année déjà. Mais, malgré un très bon service, l’Américain ne peut qu’admirer la leçon de tennis que son adversaire lui donne. En un peu plus de deux heures de jeu, le Suisse s’impose 6/2 7/5 7/5. Un match parfait, avec 16 aces, 51 coups gagnants, sans le moindre break concédé…Federer est bien là et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
(crédit photo: www.australianopen.com)
Le lendemain, vendredi 30 Janvier 2009, le public de la Rod Laver Arena s’installe dans les gradins. A 19h30, heure locale, les deux taureaux espagnols entrent dans l’arène.
A gauche de la chaise d‘arbitre, Rafael Nadal qu’on ne présente désormais plus, débute une guerre psychologique avec son compatriote qui entre dans son jeu. Préparant leur matériel, aucun des deux ne semblent vouloir se rendre au filet pour le toss. Et c’est finalement Fernando Verdasco, le moins expérimenté des deux à ce stade de la compétition qui craque. Après avoir remporter le tirage au sort, le Madrilène s’approche de son adversaire pour la photo officielle du début de match et se dirige vers le fond du court pour entamer l’échauffement. Pendant ce temps, le speakeur du tournoi présente les deux joueurs et rappellent que le plus jeune des deux hommes a remporté les six rencontres qui les ont opposés. Mais, depuis la dernière en date lors du tournoi de Roland Garros, bien des choses ont changé. L’homme qui se trouve aujourd’hui de l’autre côté du filet n’est plus le même depuis la finale de la Coupe Davis qui l’a véritablement propulsé au rang de héros national.
Le match débute enfin et les surprises commencent déjà avec le gain de la première manche pour le plus âgé des deux joueurs. 7 points à 4. Le public, assommé, mais surtout impressionné par cette première performance, attend avec impatience la réponse du numéro un mondial qui semble subir le jeu offensif de son compatriote. Mais comme à son habitude, ‘Rafa’ se ressaisit et rend les choses plus compliquées pour son adversaire et obtient une balle de set en concluant majestueusement grâce à un coup droit lifté dont les annales se souviendront. 6/4 pour le Majorquin.
Troisième manche. La partie a commencé il y a maintenant plus de deux heures et les joueurs se rendent toujours coup pour coup. Mené 4 jeux à 2, et victime d’une petite douleur à la jambe, le Madrilène ne se déconcentre pas et oblige ’Rafa’ à jouer un tie break qui sera finalement remporté par Nadal, 7 points à 2.
Dès lors, les choses se compliquent pour son compatriote qui se retrouve dos au mur et n’a plus d’autre solution que de lâcher ses coups et tenter le tout pour le tout. Et, à la surprise générale, ce stratagème fonctionne et ‘Rafa’ voit s’éloigner une fois de plus sa première finale en Australie. Pourtant, lors du septième jeu de ce set, il sera l’auteur d’un point venu tout droit d’une autre planète. Service Nadal. L’échange est engagé. Le Majorquin trébuche, fait un tour sur lui-même et se relève prêt à renvoyer la balle qui arrive droit sur lui. L’échange reprend, ‘Fer’ envoie une gifle en coup droit décroisé dans l’angle du fond de court ce qui lui permet de monter au filet. Mais une fois de plus, la défense du plus jeune des deux ne faiblit pas. Le Madrilène, surprit, tente un smash accroupi qui laisse le temps à ‘Rafa’ de revenir et de réengager l’échange qu’il remportera peu de temps après grâce à un passing comme seul lui sait les réaliser.
Quatre partout. Verdasco ne semble pas être touché par cette perte et reste concentré pour aller une fois de plus au tie break.
Un jeu décisif qui n’aurait pas pu mieux débuter pour le Madrilène qui s’impose finalement 7 points à 1. C’est parti pour un cinquième set qui entrera dans l’histoire du tournoi. Une fois de plus, les deux adversaires ne se laissent pas le temps de respirer et réussissent encore à sortir des coups venus de nul part après plus de quatre heures et demies de jeu. Fernando Verdasco se retrouve une fois de plus au pied du mur et doit servir pour rester dans le match à 5 jeux à 4 en sa défaveur. Mais le destin voudra qu’il commette deux de ses quatre double faute de tout le match lors de ce jeu. Une heure et sept minutes du matin, la balle de Verdasco s’écrase dans le filet. 6/7 (4), 6/4, 7/6(2), 6/7(1), 6/4 en 5 heures et 14 minutes.

Rafa Nadal, s’écroule sur le court et laissent couler ses larmes tandis que le Madrilène, à genou, se relève après cette terrible désillusion. Son compatriote, qui se remet petit à petit de sa victoire, passe par-dessus le filet et tombe dans les bras de son aîné.
Le magnifique parcours de Fernando Verdasco s’arrête là mais il ne repart cependant pas déçu, loin de là « Cela a été un match incroyable […] il restera à jamais dans ma mémoire » déclare le Madrilène avant d’ajouter « Je suis désolé d’avoir forcé ‘Rafa’ à rester aussi longtemps sur le court. J’espère qu’il va récupérer et gagner cette finale », pendant que Rafa complimente l'incroyable tournoi de son compatriote : « Fernando a sûrement disputé le tournoi de sa carrière. […] Il aurait mérité de gagner. »
Un bien bel exemple de fairplay et d’amitié que certains supporters devraient suivre…
(crédit photo: www.australianopen.com)
Le premier quart de finale promettait d’être passionnant entre deux
hommes, déjà vainqueurs de Grand Chelem, l’US Open pour Andy Roddick et l’Australian Open pour Novak Djokovic. Mais le public australien va connaître une bien triste nouvelle. Le Serbe,
épuisé par son match face au Chypriote Marcos Bagdhatis (qu’il avait conclu à 2 heures 28 minutes du matin) et fortement touché par la chaleur écrasante de Melbourne n’atteindra jamais son
meilleur niveau et préférera abandonner, laissant ainsi ‘A-Rod’ décrocher sa place pour les demi-finales où il affrontera le vainqueur du match Roger Federer vs Juan Martin Del Potro. Et…inutile
de garder le suspense plus longtemps, le Suisse n’a pas laissé une seule chance à la révélation de l’année 2008. Le numéro deux mondial a véritablement infligé une leçon de tennis en ne laissant
échapper que trois petits jeux pour s’imposer 6/3 6/0 6/0...Une bien belle démonstration pour quelqu’un qui semblait être en dessous de son niveau de jeu habituel.
Le Madrilène avait attendu longtemps le déclic. Sept longues années lui
auront été nécessaire pour se libérer de ce mental beaucoup trop fragile pour rivaliser avec les meilleurs et ce malgré un talent inné. Une victoire lors du match décisif de la finale de la Coupe
Davis au mois de novembre 2008 lui aura à jamais changé sa vie. Jo Wilfried Tsonga en a fait les frais lors de ce quart de finale. Malgré une belle résistance au second set, le Français ne
réussit pas longtemps à lutter face à un homme sur motivé qui se qualifie pour la première fois de sa carrière en demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem sur le score de 7/6 3/6 6/3 6/2.
Dans la cinquième set, les joueurs
semblent être sous pression. Les échanges sont longs et se terminent parfois par des coups de fusils venant d’une autre planète. Des possibilités de break, ils ont eu une chacun. La première en
faveur de Murray à 3 partout, mais Verdasco, très solide au service depuis le début du tournoi ne lâche pas et remporte finalement son jeu, chose que l’Ecossais ne réussit pas à faire lors de sa
mise en jeu suivante et qui lui coûte le match. 6/4 pour l’Espagnol. Il décroche alors son premier billet pour les quarts d’un finale d’un Grand Chelem.
Le duel franco-français qui oppose Gilles
Simon à Gaël Monfils est très attendu. Tous les journaux en parlent et les deux potes ont hâte de livrer le meilleur d’eux même pour faire le spectacle.
Roger Federer est toujours là mais ne rassure pourtant pas ses supporters. Le Suisse, vainqueurs de ses deux premiers matchs sans impressionner,
connait une grosse frayeur face à Tomas Berdych lors de son troisième tour. Mené deux sets à rien, le numéro deux mondial n’a pas d’autre solution que de lâcher ses coups et de mettre la pression
sur son adversaire. Chose faite puisque le Tchèque multiplie les erreurs et permet à Federer de revenir au score et finalement de s’imposer 4/6 6/7 6/4 6/4 6/2. Une victoire bien peu rassurante à
l’aube de son huitième de finales l’opposant à l’Argentin Juan Martin Del Potro.
Et si justement Fernando Verdasco créait la surprise lors de ces huitièmes de finale où l’attend Andy Murray ? Les deux hommes se sont déjà affrontés cinq fois, avec à
chaque rencontre, une victoire de l’Ecossais. La dernière remontant au troisième tour du tournoi de Paris Bercy 2008, où le Madrilènes n’était pas loin d’amener son adversaire vers un troisième
set. Mais cette défaite était avant que ‘Fer’ ne connaisse une magnifique victoire en finale de Coupe Davis lors de laquelle il avait offert le Saladier d’Argent à son pays. Une bien belle
expérience qu’il continue d’accroître un match époustouflant face à Roger Federer lors du tournoi exhibition de Kooyong, où il réussit pour la première fois à lui chiper un set, mais aussi une
victoire sans appel face à Radek Stepanek au troisième tour de cet Australian Open, ne lui laissant que quatre petits jeux (6/4 6/0 6/0), alors qu’il s’était incliné face à ce même joueur en
finale du tournoi de Brisbane il y a trois semaines de cela. Cependant, l’Espagnol reste sur ses gardes en déclarant au quotidien sportif espagnol Marca, que Murray est l’un des favoris du
tournoi depuis le début de la saison avec sa victoire au tournoi exhibition d’Abu Dhabi, sa victoire à Doha mais aussi parce qu’il est un joueur complet. De belles paroles modestes de la part
d’un joueur qui pourtant effectue les meilleurs performances de ce premier Grand Chelem avec que 12 jeux perdus en l’espace de trois matchs.
Rafael Nadal n'a passé que 45
minutes sur le court le temps d'expédier en trois sets secs (6/0 6/2 6/2), le Belge Christophe Rochus


Après une saison 2008 incroyable,